Version 2006-1

Saint-Père-sous-Vézelay

Le site des Fontaines Salées se situe au sud de Vézelay, sur la rive droite de la Cure et à deux kilomètres de Saint-Père-sous-Vézelay.

Naturellement remarquable par son eau minérale, radio-active, chlorurée et effervescente, ce site a été occupé dès l’Age du Bronze final (à partir de 1200 av. JC) comme semble l'attester la nécropole à incinération au sud-ouest des thermes, ou plus probablement du Néolithique si l'on se réfère à des pointes de flèches en silex trouvées sur place ou encore à certaines datations au Carbone 14.

On a daté du premier Age du Fer ( - 900 av. JC) des cuvelages en chêne destinés à garnir une vingtaine puits de captage d'eau salée.

Une autre phase d’occupation s’étend depuis la fin du second Age du Fer (avant l’invasion romaine) jusqu’à la fin de la période romaine.




Bassin d'époque gauloise

C’est de l’époque gauloise que date une curieuse installation, certainement de caractère religieux. Le centre est occupé par un bassin carré de 1,40 m de côté, dallé au fond et sur le pourtour. L’eau gazeuse et salée, qu’avaient recueillie à une époque antérieure des cuvelages de chêne, y remonte. Le bassin est entouré par un anneau ellipsoïdal d’argile tassée, qui rend l’installation étanche. L’espace consacré est enclos par une enceinte circulaire double exactement centrée sur le bassin.

 


Sanctuaire
Entre les deux cercles de l’enceinte courait une chaussée dont la bordure intérieure devait être un mur assez haut.

L’enceinte a été supprimée sans doute par l’agrandissement des thermes au IIe s. Le bassin carré a continué, malgré des réaménagements ultérieurs, à recevoir des offrandes.
Fibule votive in Abbé B. Lacroix, Dieux romains et gaulois
Cette enceinte précède certainement le premier état des thermes datant du Ier siècle.

Au IIe siècle, au détriment même du sanctuaire circulaire, les thermes gagnent en espace et en commodité en raison du développement économique de la région et par là-même des nécessités sociales et sanitaires. En effet, jusqu’au milieu du IIIe siècle, l’établissement thermal sera en relation constante par voie directe avec le grand centre minier et sidérurgique des Ferrières.
ll s’agira alors d’un centre luxueux dont la partie nord était destinée aux hommes et la partie sud, équipée en plus de cabines de toilette, était réservée aux femmes.
Dans l’une comme dans l’autre parties, on disposait d’un vestiaire, d’une salle pour les massages et les onctions, d’un bassin d’eau froide, d’une salle tiède, d’une étuve sèche pour les bains de vapeur et d’une piscine chaude.


Salle dallée
L’établissement thermal a été détruit lors des invasions de 275-276 qui dévastent toute la Gaule.
C’est au IVe s., alors que la Gaule tente de se redresser, que le site fut de nouveau occupé par des habitants du voisinage des Fontaines-Salées. Les ruines furent partiellement transformées et aménagées par de petits artisans, se livrant au travail de la réduction de l’eau salée, à la préparation des saumures et salaisons ou encore au traitement des peaux.

Céramique commune utilisée par les sauniers.
Musée archéologique (Saint-Père)
Cette occupation a duré environ un demi-siècle, jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle vague de destructions systématiques : en 355, les Alamans envahirent la Gaule et ravagèrent tout sur leur passage, obligeant les populations à se réfugier dans les forêts voisines ou dans les places fortifiées.

Le site ne servira plus désormais qu’à approvisionner les populations locales en sel.

Au XVe s., après l’établissement du grenier à sel de Vézelay, les moines font combler tous les captages afin de contraindre les habitants de la région à acheter leur sel. Le site sera plus tard arasé et comblé par des opérations de remblai qui se poursuivront jusqu'au XVIIIe s. en raison de la lutte impitoyable que livrait le pouvoir aux trafiquants de sel.