Version 2006-1
Saint-Moré

Vue de Nailly-Saint-Moré - Ph. JM Simoes

Sites témoins de l'époque gallo-romaine
D'après l'Assocation Cora.

A l'époque du Bas-Empire, Cora est tout à la fois un point de repère géographique à l’endroit où la voie d’Agrippa rencontre et traverse la Cure, une importante station militaire, et un village avec poste de ravitaillement. Mais ce nom sert sans doute aussi à désigner toute la région où s’inscrit la double boucle de la Cure entre Saint-Moré et Arcy-sur-Cure.

Aujourd’hui Saint-Moré, le village gallo-romain de Cora, qui occupait les deux bords de la rivière, fut probablement fondé peu après l’établissement de la voie romaine.

Le nom de Cora, d’origine celtique ou peut-être protohistorique, est cité pour la première fois à en 350.

 


Plan Association Cora
Sur le côté est de cette voie a été découverte en 1897 une importante villa d'environ 3400 mètres carrés.

L’ampleur et le dispositif de cette villa donne à penser qu’elle se doublait d’un magasin d’approvisionnement de l’armée.

Une statuette en pierre tendre de 75 cm de hauteur y fut trouvée. Elle représente une femme assise sur un siège dont le socle est creusé de petites niches destinées à recevoir les offrandes.

De la main gauche, elle tient une corne d’abondance dressée contre son épaule. Le vêtement, une double tunique plissée, est correctement rendu. Il s’agit d’une statue de Cérès, déesse des moissons et de l’abondance.

Musée d'Avallon - Ph. JM Simoes

 

La colline connue aujourd’hui sous le nom de colline de Cora, située à vol d’oiseau à moins d’un kilomètre de Saint-Moré est devenue, du fait de l’érosion, une impressionnante forteresse naturelle. Un de ses flancs tombe presqu’à pic sur la rive gauche de la Cure.

Sa face sud, garnie d’abrupts imposants, s’érige en véritable éperon. Un glacis escarpé occupe sa face nord-est.

Le sommet de cette butte qui domine de 112 m le cours de la rivière est occupé par un plateau assez incliné d’une superficie de 25 hectares.


D'après V. Petit, Description des villes et campagnes ...

Le sommet de la colline est barré par un formidable retranchement constitué de pierres amoncelées, de 190 mètres de longueur, 45 mètres de largeur et de deux à sept mètres de hauteur. Si imposant qu’il suggère plus un bombement naturel du sol qu’une construction humaine.


Ruines du Camp de Cora - Ph. JM Simoes
Une muraille de trois mètres de hauteur, bâtie à la chaux et flanquée de six demi-tours pleines, court au sommet de ce retranchement. Elle est le témoin de la lutte finale que l’Empire Romain engageait avec les barbares.
Peu de trouvailles sont à rapporter à l’époque où une garnison romaine séjournait dans le camp antique. Il faut pourtant signaler la découverte d’une petite pièce de terre cuite représentant un visage coiffé d’un bonnet phrygien. A n’en pas douteur, il faut y voir une figuration du dieu perse Mithra.
Les cités que les Gaulois habitaient avant même la conquête n’étaient pas dépourvues de moyens de communication. Les déplacements rapides des légions de César et de leur matériel de siège en sont la preuve.

A: couche oolithique B: galets C: Dalles D: Calceum corallien E: Marne blanche, pierres et galets F: Sol
La voie d'Agrippa à St-Moré, d'après Bertheau, 1963.
Malgré cela, Agrippa, gendre et ami de l’Empereur Auguste, à peine la conquête achevée, se fit le promoteur de la construction de voies de conception nouvelle.
L’une de ces voies, peut-être la plus importante, était destinée à relier Lyon à Boulogne-sur-Mer.

Le tronçon qui traverse la région de Cora n’a été réalisé qu’aux environs de 50 après J.C.

Le tracé de cette voie donne à penser qu’elle se substitue parfois à des routes gauloises sinueuses mais qu’à d’autres endroits, parfaitement droite malgré les accidents du terrain, elle est de conception entièrement romaine.

Voie Agrippa - Ph. JM Simoes
C’est dans la traversée du plateau où se rattache la colline de Cora que la voie va prendre son aspect le plus imposant et le plus étrange : fuyant à travers les bois elle devient une chaussée gigantesque surélevée parfois de trois mètres alors que sur ce plateau sec et rocheux rien n’imposait un tel ouvrage bordé de fossés encore très nets !
Voie Agrippa - Ph. JM Simoes
Située à mi-hauteur de la côte dominant l'anse occidentale du méandre de la Cure, une source, plus connue comme la Fontaine de Saint-Moré, a fait, jusqu'au XIXe siècle, l'objet d'un culte dont l'origine est antérieure au christianisme.
Cette source a été aménagée à l'époque gallo-romaine pour alimenter un aqueduc dont on peut suivre vers l'amont de la rivière la maçonnerie presque intacte par endroits, sur une centaine de mètres environ. Plus loin la trace de l'édifice se perd, mais on peut supposer qu’il partait vers une villa non encore fouillée sur la rive gauche de la Cure.

D'après, Cora, le site d'Arcy-sur-Cure Saint-Moré, Association Cora ;
Le camp de Cora-Villaucere, la voie romaine d'Agrippa ..., Association Cora.
Vallée de la Cure - Ph. JM Simoes