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Domecy-sur-Cure
Les potiers gallo-romains sont essentiellement
des artisans libres, et les grands centres de
production ne sont, en fait, que la juxtaposition,
dans le temps et dans l'espace, de petits ateliers
artisanaux. Les potiers, quand ils s'installaient,
avaient deux possibilités radicalement
opposées : ou bien ils s'installaient en
milieu rural, loin de tout habitat, ou, au contraire,
cherchant un contact physique avec sa clientèle,
ils se fixaient à la périphérie
d'une agglomération.
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Maquette d'un atelier
rural
La Boissière-Ecole(Yvelines) au IIIe
s. ap. JC
In Dossiers d'Archéologie n°
215 |
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Trois centres icaunais semblent bien constituer
des groupes d'ateliers ruraux : Jaulges-Villiers-Vineux,
Domecy-sur-Cure, Bussy-le-Repos.
Dans les deux premiers cas, la proximité
immédiate d'une voie montre l'importance
des problèmes de commercialisation.
Selon que l'atelier était "rural"
ou "urbain", les productions étaient
sensiblement différentes. Dans le
premier cas, les potiers devaient exporter
et faisaient un effort pour séduire
leurs clients : ils produisaient alors ce
que nous appelons, faute de mieux, des céramiques
de luxe ou de demi-luxe. Le potier urbain,
en revanche, avait intérêt
à produire des céramiques
utilitaires, consommées, évidemment,
en quantités beaucoup plus grandes.
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| Diverses céramiques
de l'époque gallo-romaine provenant
du Cul-de-Vausse (Châtel-Gérard).
Ph. Musée de l'Avallonnais |
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Il semble bien qu'à Bussy-le-Repos,
Domecy-sur-Cure et Jaulges-Villiers-Vineux, on ait
affaire à de véritables bourgades qui
regroupaient, outre les potiers, des métallurgistes,
ce qui est logique, ces deux activités ayant
les mêmes besoins en combustibles ; l'argile
et le minerai de fer sont étroitement liés
dans le sol. Mais, à Domecy et Jaulges, au
moins, la céramique prédominait largement.
(LYonne
et son passé : 30 ans darchéologie,
JP Jacob, H. Leredde)

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Le village de Domecy-sur-Cure,
situé dans la vallée de la Cure, au
nord-ouest de la Bourgogne, se trouve à 15
kilomètres de Vézelay et 20 kilomètres
d'Avallon.
A lépoque antique, il se situait
à la frontière des pays éduen
et sénon.
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| Château
de Domecy-sur-Cure construit sur la voie romaine
- Ph. JM Simoes
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| Des prospections effectuées
depuis 1969 au lieu-dit "Bois de Chalvron"
ont démontré l'implantation d'un atelier
de potiers gallo-romain, favorisée par une
argile de bonne qualité et par l'abondance
de l'eau et du bois.
Celui-ci s'étend de part et d'autre de
l'actuel chemin forestier, qui traverse les bois
de Domecy reprend le tracé de l'ancienne
voie romaine qui relie Domecy à Bazoches
en suivant la rive gauche de la Cure.
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Chemin forestier
sur la voie romaine aux abords delaquelle
se trouve le centre de production de céramiques
- Ph. JM Simoes
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L'activité
de cet atelier paraît s'étaler sur une période
assez vaste, de la fin du Ier au IVe s. Il est d'ailleurs
à noter que la production dans l'Yonne a duré
plus longtemps que dans certaines autres régions. |
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| Four à Domecy-sur-Cure
- Ph. M. Joly |
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Les structures se repèrent
facilement car elles apparaissent sous forme de
buttes qui correspondent à des fours ou à
des dépotoirs. Les vestiges sont essentiellement
représentés par des amas de tessons
de céramiques mises au rebut, mais on a recueilli
aussi des matériaux de construction et des
accessoires de cuisson.
Les matériaux de construction consistent
en fragments de tuiles et parois de fours.
Les accessoires de cuisson se composent surtout
de tubulures d'aspects variés.
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La céramique se répartit en quatre grands
groupes : |

Jatte |
Les
céramiques communes
Il s'agit de vases fabriqués en pâte
claire, non calcaire, de couleur rouge ou orange,
aux inclusions plus ou moins nombreuses et de
taille variable, selon les types de récipients.
Ceux-ci comprennent en majorité de la vaisselle
de cuisine :
-
des couvercles
-
des plats
-
des jattes
-
des marmites à panse
-
des mortiers
-
des pots de taille variable
-
des cruches
Cette céramique commune est typique de
la fin du Haut-Empire, c'est-à-dire des
années 150-250.
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Marmite |

Pot |
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Les céramiques
peintes
Deux grands groupes se distinguent :
- le premier comporte uniquement des jattes ornées
d'un décor géométrique ou
de simples lignes verticales. Ce décor
est réalisé à l'aide d'une
peinture ou d'un engobe; dont la couleur varie
du brun au rouge ;
- le second groupe est constitué de pots
à lèvre arrondie, déversée.
Le décor consiste en de simples lignes
horizontales réalisées à
la peinture rouge.
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Les céramiques
fines à revêtement argileux.
Leur production s'étend sur une période
qui commence à la fin du Ier siècle
et se termine au IIIe siècle.
Dans un premier groupe on trouvera des vases
aux parois relativement épaisses déclinés
en assiettes, coupelles, pots et cruches.
Dans un second groupe, dont les parois des vases
sont plus fines, ont trouvera essentiellement
des gobelets.
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| Gobelets |
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| Le mobilier étudié
permet de dresser une première
image en ce qui concerne les structures
et les productions. La présence
de tubulures témoigne de l'utilisation
de fours évolués permettant
un bon contrôle de la tempé
rature et de l'atmosphère de
cuisson. |
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Four "à
tubulures"
In Dossiers d'Archéologie n°
215
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On a donc affaire à une production diversifiée
: céramique fine, céramique commune,
amphores et céramiques peintes.
L'atelier de Domecy, remarquablement conservé,
offre la possibilité d'étudier de
façon approfondie un atelier de potiers
et son environnement.
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(SFECAG, Actes du Congrès de Millau,
1994, M. JOLY)
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