Version 2006-1
Avallon


Avallon - Droits réservés

La ville d’Avallon offre l’un des plus remarquables exemples d’une position dominant de hautes pentes rocheuses escarpées.

A un moment de l'époque gauloise, elle fut fondée à l’extrémité d’un vaste plateau et sur le bord même d’un escarpement presque'à pic, haut de 80 mètres, formant le versant droit de la vallée profonde et tortueuse du Cousin.
De cet établissement, les plus anciens documents historiques sont des monnaies.

Sur l’une d’elles, en cuivre, trouvée en 1709, on déchiffre, à l’exergue, "un boeuf marchant à gauche"" avec la légende ABALLO tandis que, au droit, se trouve représentée "une tête diadémée avec de longs cheveux". On date cette pièce gauloise du deuxième siècle av. J. C.


Ce même nom est encore inscrit sur la "Table de Peutinger", carte des voies romaines dressée à la fin du IIIe siècle ou au début du IVe, et dans l’"Itinéraire d’Antonin", sorte d’indicateur des voies terrestres et maritimes datant du IVe siècle.

On fait généralement dériver ABALLO d’un mot celtique qui signifie "la pomme".

Au temps des Gaulois, Avallon, comme beaucoup de localités, n’était sans doute, à l’orée de la forêt morvandelle, qu’un refuge fortifié temporaire et non pas à proprement parler une ville. C'est avec les Romains, que le site a dû devenir le siège d’une population sédentaire, un poste militaire avec une garnison de vétérans, nantis d’une terre, qui veillaient à la sécurité de l’Empire le long de la voie romaine d’Autun à Boulogne-sur-Mer.

Rue Bocquillot, emplacement d'Aballo - Ph. JM Simoes
On peut accorder une certaine importance à Avallon dès l’époque celtique. On a parlé de la possible existence d’un atelier de monnaie à cette époque. On a parlé également d’une collège de druides, lequel aurait été à l’origine des écoles qui, sous les Romains et encore après, ont eu une grande renommée, notamment au VIe siècle. On dit que saint Germain, évêque de Paris, né à Autun, est venu y faire ses études.

De l’établissement celtique ou de la cité gallo-romaine, il ne reste pratiquement rien.


In V. Petit, Description des villes et campagnes ...
On a cru apercevoir voici deux ou trois siècles des traces du prétoire antique, comme celles du théâtre. On a signalé l’existence de deux sièges de pierre provenant de ce théâtre ou de l'hypothétique école des druides.
Cependant, quatre colonnes en marbre cipolin ont survécu, réutilisées lors de la reconstruction de l’église Saint-Martin-du-Bourg, au XIe siècle, comme point d’appui des voûtes du sanctuaire. On ne sait pas si elles proviennent d’un temple bâti sur l’emplacement de l’église, d’une autre construction dans la cité ou même d’ailleurs.
In V. Petit, Description des villes et campagnes ...
Voici quelques années, on a découvert ce qui doit être une partie d’un habitat semi-enterré. A cette occasion ont été mis à jour :
des fragments d’amphores du Ier siècle avant notre ère et originaires de Campanie ;
In L'Yonne et son passé

In L'Yonne et son passé
des tessons de céramique fine à pâte noire qui appartiennent à des catégories bien représentées à Bibracte ;
une monnaie en très mauvais état portant, au revers, un nom gaulois en grec à côté d’un cheval, et, au droit, une tête casquée vers la gauche. Ce type de monnaie a été émise par les Lingons à partir de 80 av. J. C.
Exemplaire mieux conservé - In L'Yonne et son passé
 

Du XIXe siècle date la découverte d’une statue mutilée en calcaire tendre.

Il s’agit d’une divinité féminine nue, ailée, assise sur le sol, les jambes croisées dans une attitude "bouddhique", la partie supérieure du corps penchée en avant. Cette divinité, dont la tête et les bras manquent, a deux seins de femme et huit petites mamelles. Elle présente quelque analogie avec la laie du sanglier.

On date cette statue d’une époque de transition , aux premiers temps de la Conquête, pendant laquelle, alors qu’auparavant il n’existait pas en Gaule de représentation lapidaire des divinités, les Gaulois se firent des statues par imitation des Romains.


Ph. JM Simoes
Cette période disparut avec l’influence des druides, combattus par l’autorité de Rome. Bientôt, toute la Gaule sera pénétrée par le cortège sans mélange des dieux romains et rien ne rappellera l’ancienne mythologie des forêts druidiques.
Le musée présente une tête cataloguée comme tête d’empereur romain, datant du Ier siècle de notre ère. Un sourire s’ébauche dans une figure d’aspect massif.
Ph. JM Simoes

Ph. JM Simoes

Deux stèles ont été trouvées à Avallon.

Elles représentent, ici comme ailleurs, le défunt dans l’exercice de ses fonctions ou des scènes de la vie journalière.

Sur la première on voit un enfant debout, vêtu d’une pénule fendue aux poignets, tenant à la main un gobelet à pied et de l’autre un broc. C’est un type de stèle particulière à l’Eduie et très répandu dans la région d’Autun. Grossièrement sculpté, ce type tenait lieu de monument funéraire aux pauvres gens.


Ph. JM Simoes

Sur la deuxième stèle, dans une niche, un personnage nu, imberbe, debout, de face, ailé, à chevelure longue et bouclée tient de la main droite une sorte de pelle rectangulaire, le manche en haut, s’appuyant de l’autre main sur un cuvier posé sur un gradin ; un manteau flottant, agrafé du côté gauche, lui découvre les épaules.

Est-ce une divinité indéterminée ou plus simplement un boulanger comme semble l’indiquer la pelle ?

Voie romaine reliant Avallon
à la vallée du Cousin
Ph. JM Simoes
D'après V. Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne ;
L'Yonne et son passé, 30 ans d'archéologie ;
P. Tartat, Histoire de l'Avallonnais